1.Les religions
Trois grandes religions sont pratiquées par les Burkinabé : l'islam, le christianisme et la religion traditionnelle africaine (communément appelée animisme, fétichisme). C'est dans le Nord (en zones peul et touareg) et dans les villes que l'islam est le plus implanté.
A la fin des années 1990, le Burkina Faso comptait plus de deux (02) millions de chrétiens dont plus de la moitié en milieu urbain. La religion traditionnelle africaine qui au départ comptait un grand nombre de pratiquants, est en net recul. Elle est fortement implantée dans les provinces du Poni, de la Tapoa et du Nahouri. D'une manière générale, musulmans ou chrétiens, les burkinabé n'ont pas pour autant complètement rompu avec les cultes traditionnels.
1.1. Les religions traditionnelles africaines
Ils sont plus d'un quart (1/4) des burkinabé à sacrifier aux ancêtres et aux génies. Bien que les rites et les représentations des divinités (masques, statuettes, etc) soient différents d'une ethnie à une autre, les religions traditionnelles africaines présentent cependant de nombreux points communs, à savoir la croyance en un seul dieu.
Entre ce dieu, lointain, et les hommes, existent une infinité de divinités secondaires et de puissances occultes, en l'occurrence, les ancêtres qui sont partout dans l'air, l'eau, la terre, la nature. Ceux-ci vivent avec les hommes et ont leurs comportements. Les vivants n'auront de cesse de les invoquer et de les associer à toutes les activités de la vie quotidienne.
Ainsi, avant d'entamer un quelconque acte quotidien (agricole, commercial, etc) ou d'importance (mariage, voyage, etc), il est obligatoire d'offrir des sacrifices pour conjurer le sort, s'attirer les bonnes grâces des mânes et se mettre sous la protection des ancêtres. Tout évènement, tout acte devient source de communion, de relation avec les divinités. C'est pourquoi que ce soit dans les habitations ou dans la nature, de nombreux autels sont érigés.
Les totems et les tabous rappellent les liens qui sont établis entre les hommes, les autres éléments de la nature et les ancêtres. La religion traditionnelle africaine est pratiquée par près de 50 % de la population, essentiellement dans les zones rurales.
Le Nord, fortement islamisé reste la zone où elle est très faiblement implanté. En réalité, très peu de personnes se sont détachées complètement de ces religions traditionnelles africaines. Les mossi, les gourmantché, les bobo, les gourounsi, les lobi, les bissa, les sénoufo sont les plus fervents adeptes de l'animisme. En effet, rares sont les gourmantché qui ne ''tapent pas dans le sable'' ou les bobo qui ne, ''se rendent à Dafra pour ausculter les silures sacrées'', ou les bissa qui ''n'effectuent le pèlerinage à la montagne Boulgou, '' etc. Le << wack >>, la sorcellerie, les fétiches sont autant de pratiques rencontrées couramment dans la vie quotidienne.
1.2. L'islam
L'islam fait une percée au Burkina Faso à partir de la 2 ème moitié du 20 ème siècle après des vagues successives au 17 ème , 18 ème et surtout 19 ème siècle. Utilisant les routes commerciales, l'islam a pris pied dans les religions de l'Ouest et de l'Est. Les foyers musulmans se sont disséminés sur les principales artères commerciales. L'influence des grands empires islamiques voisins (Mali-Niger) a été importante sur les peulh, les touareg, les bobo et les Yarsé. En 1962, fut créée, la communauté musulmane de Haute-Volta, devenue Communauté Musulmane du Burkina. Elle contribue fortement à l'enracinement de l'islam et sa propagation dans les villages les plus éloignés du pays. Des confréries existent au sein de la famille musulmane dont la ''quadriya,'' la ''tidjania,'' le ''hamallisme'', le ''wahabisme '' et le ''sunnisme ; '' une organisation plus efficace s'est mise en place pour faire d'avantage rayonner la religion musulmane.
1.3. Le christianisme
Le christianisme a prit pied en Haute Volta avec la colonisation sous la houlette des missionnaires de la congrégation des ''Pères Blancs'' créée par Charles Lavigerie.
Le pays mossi accueille le premier missionnaire en 1899 en la personne de Monseigneur Hacquard. Puis plusieurs missions sont implantées dans tout le pays. En plus de leur mission d'évangélisation, les pères blancs créent des écoles de catéchisme, des séminaires, des dispensaires, des écoles techniques, des hôpitaux.
L'une des grandes figures fut Monseigneur Thevenoud Joanny (1878 - 1949). Il est considéré comme le ''Fondateur de l'Eglise du Burkina Faso'' et comme le pionnier des ouvres sociales.
Aujourd'hui, tout le clergé est composé de burkinabé et vient d'accueillir le 1er Nonce Apostolique sur son territoire. Cette vitalité se remarque à travers l'organisation en diocèses et paroisses qui vise à la prise en charge de l'Eglise par les fidèles.
Parmi les derniers évènements importants, il convient de citer les deux (02) voyages du Pape Jean Paul II et surtout celui de mai 1980 où le Pape a lancé son fameux <<Appel de Ouagadougou>>. A côté de l'Eglise catholique, d'autres églises se sont également implantées dans le pays dont les Protestants (les Baptistes, l'Eglise des Assemblée de Dieu, l'Eglise de Pentecôte, l'Eglise Apostolique, l'Eglise Evangélique, l'Alliance Chrétienne) ; d'autres sectes, comme les Témoins de Jéhovah, commencent à se multiplier sur tout le territoire.
Langues et lexique
Il existe au Burkina Faso, plus d'une soixantaine d'ethnies chacune s'exprimant dans une langue spécifique. Quelques langues sont couramment parlées, il s'agit du français (langue officielle) du moré (langue des mossi, ethnie majoritaire), du dioula (langue apparentée au bambara, et très utilisée dans la zone de l'Ouest et tout le long de la frontière Burkina Faso-Mali-Nord de la Côte d'Ivoire), du foulfouldé (langue des Peulhs au nord du pays), du gourantchéma (dans la région de Fada N'Gourma Diapaga-pama à l'est du Burkina Faso). Les autres groupes ethniques ont chacun leur propre langue : dagara, Lobi, gouroussi, bissa, senoufo, Dafing etc
Pour vous donner quelques clés en matière de communication, voici un petit lexique
| Français |
Mooré |
Dioula |
Fulfuldé |
Gourmantchema |
| Bonjour |
Ne -y yibéogo |
A ni sogoma |
Jam waali |
N Faanda |
| Tu va bien ? |
Fo kiemamè ? |
I ka kèné ? |
Ada selli ? |
A pia laa fia ? |
| Oui, ça va |
On yé, laafi bémé |
On hon, an kakèné |
Jam tan, baasifu walaa |
Laafia |
| Merci |
Baraka |
Aniké |
tiyaabu maa |
Tuon tuoni |
| Je ne comprends pas |
Mka oumyé |
M na a mèè |
Mi famaay |
Mii gba ?an maadi yaala |
| Qu'est ce que ça veut dire |
Rat tèe yellamètiboè |
A koõro bèdi ? |
Dumé woni maana mum ? |
Li bua ki yedi be? |
| Viens ici |
Oua-ka |
Na yan |
Waruga ! |
Cua nee |
| Combien cela coûte-t-il ? |
Ya wan wana ? |
Dyoli lo ? |
Wo foti foti ? |
Li tie i ?a yo ? |
| C'est bon |
Ya s Õ ? ma |
A ka di |
Ina woodi |
Li ?ana |
| C'est loin |
Zaramè |
A yèrè ka dyan |
Ina woddi |
Li foagi |
| C'est près |
Ka zanr-yé |
Kèrè |
Ina badii |
Li kuu |
| Il fait chaud |
Ya toul' go |
Funteni bé |
Ina wuli |
Li wuli gi |
| Je suis fatigué |
M'yaa-mè |
N'seguèna |
Ni ronkii |
N coaga |